Parcours typique d’un neuroatypique

Note à l’attention de tout parent d’Aspie, qui se respecte.

Voici un exemple de vie tout ce qu’il y a de normal pour un Asperger.

Une vie en chiffres :

Age civil : 54 ans

Age mental : 12 à 16 ans selon la situation

Acquisition de la parole : 4 ans (je n’avais rien à dire, je hurlais)

Entrée en maternelle : 3 ans

Sortie de maternelle : 1 semaine plus tard (pour asocialité et violence. pauvre tâches d’enseignants! j’étais simplement terrorisée par le changement et l’impossibilité de m’exprimer)

Entrée en primaire : 5 ans (pressée de lire le nombre à trois chiffres de mes livres dans ma bibliothèque)

Acquisition de la lecture : trois mois plus tard….l’écriture est venue après. je connaissais quelques difficultés à manier le stylo.

Premiers émois amoureux (c’est quoi émoi? lol)….plutôt EBATS amoureux : 14 ans avec une fille, 16 avec un con.

Quotient Intellectuel : 149 (depuis juin 2016)….super! à 11 points d’Einstein!

Quotient Émotionnel :  82 !! super! à deux points de Sheeta.

Bref, un génie émotionnellement attardé!

La logique ne sert à rien en matière de relations humaines.

Ne réprimandez pas votre enfant s’il ne dit pas bonjour à un ami qui entre chez vous, il n’a que faire des mondanités qui lui sont étrangères et qu’il pense totalement inutiles.

Ne le grondez surtout pas s’il s’enfuit dans un placard lorsqu’on veut le toucher ou l’embrasser s’il ne connait pas. Croyez-moi, c’est « douloureux » pour lui.

Et pitié, ne le punissez surtout pas quand sa langue fourche ou que ses cordes vocales sortent une logique implacable, souvent brutale et spontanée. Il n’a aucune intention de blesser.

J’oubliais :

Années d’adaptabilités et de mimétisme : 54

Votre enfant imitera. Vous imitera pour vous faire plaisir, agira comme l’individu qui lui parlera, sans trop comprendre les méandres du code social.

Il reproduira les mimiques qu’il ne comprend par ou rira à des blagues absolument dénuées de sens pour lui. Tout ça pour être accepté.

Aimez cet enfant, il est à vous et ne peut rien à sa condition autistique.

N’oubliez pas ce qu’a dit un jeune garçon dénommé Charlie….10 ans :

« Votre monde est sous l’eau, le mien est dans les airs. quand je suis dans votre monde, c’est comme si j’étais en apnée »

 

 

ENTRE VOUS ET MOI….

Nous sommes tous différents, la normalité n’est qu’une pensée dictée par le nombre, la majorité. Mais dans ce nombre, nous comptons les neurotypiques (vous) et les neuroAtypiques (Asperger). C’est juste une question  d’agencement et de connections « nerveuses ».

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Nos schémas de pensées sont, disons, aux azimuts des vôtres. En fait, ça part dans tous les sens (y compris les sens biologiques : ouïe, vue, toucher). Nous pensons avec la logique d’une machine et voyons avec les yeux d’un enfant, même après 19 529 jours d’existence lol je vois encore et toujours les mots et les chiffres en couleurs. Quant au toucher, je n’en parle même pas. Toucher un corps ou être touchée est similaire à une décharge électrique, un dégout que nous ne pouvons expliquer. Et pour les relations ‘amoureuses’ me direz-vous? ben, en ce qui me concerne et aussi étrange que cela puisse paraître, ça peut aller lol. Disons qu’il me faut un certain temps pour m’y faire et accepter l’idée. En gros, quand on connaît, être touché, ça peut aller. Dans le cas contraire, c’est difficile, demandez au corps médical qui m’a suivie durant mon étape « crabuleuse ».

En tout cela nous sommes différents. Oui. Cependant et j’ajouterais même un grand MAIS, ce qui nous rapproche, ce sont les sentiments.

Je vous l’accorde, ils diffèrent ‘légèrement’. Le sentiment humain n’a aucune idée du mot « logique ». Ceci pourrait expliquer nos agissements pour le moins singuliers, sans pour autant les excuser.

Nous aimons. Nous aimons avec la sincérité et la vérité qui nous caractérisent. Nos sentiments sont des plus forts et réels.

Toutefois…..(et je parle encore une fois en ce qui me concerne), ce qui a fâché mes partenaires amoureuses, c’était le fait que je les cloisonnais parmi mes amis proches, je l’ai aimais autant. Or, il paraît que l’amour comme on le conçoit entre deux individus amenés à pratiquer le sexe, doit être tenu comme supérieur à celui que l’on ressent pour ses amis proches. Pour moi, c’était la même chose mais avec du sexe. Ça s’arrêtait là. Je ne comprenais pas leurs désirs de vie commune et autre rapprochement familial. J’ai compris mon manque de considération après mon diagnostic psy qui m’a cantonnée chez les Aspies.

Ici, je demande donc pardon à toutes celles de mes anciennes amoureuses qui liront ces lignes. Je suis vraiment désolée de mon comportement si….catégorique et léger. Il n’y avait aucune volonté de blesser.

Pendant mon Cancer, j’ai été entourée. J’ai eu cette chance de découvrir le véritable amour. Celui de ceux qui sont là quand vous tombez. Lorsque votre corps défaille, meurtri par les traitements qui vous rendent si laid. Mes béquilles comme je les appelais gentiment. Famille, amis et collègues.

ILS m’ont rendue la dignité qui s’éteignait semaine après semaine. J’ai vu l’amour dans leur sourire, leurs gestes et à chaque mot. Jamais je n’oublierai.

C’est ainsi que j’ai compris l’amour. Le seul à mes yeux. Celui qui vous dit je t’aime en vous le montrant.

Alors oui, nous sommes différents, mais ce qui nous unit dans cette différence, c’est cette force incommensurable qui relève un être en souffrance et le rend tellement fort que rien de mauvais ne peut plus l’atteindre. Cet amour là est un bouclier et une énergie qui vous fait rester vivant.

J’aimerais conclure par une citation de Jean Guèhenno (librement adaptée) qui est devenue ma définition :

« L’amour est cette merveilleuse chance que les autres vous aiment alors que vous ne pouvez plus vous aimer vous-même. »

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Encore un immense MERCI à mes béquilles

 

 

 

 

La folle histoire de mon monde…..

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Après des mois de gestation, de doutes et de questions, après les affres de mon éditeur, j’ai le plaisir et le grand honneur de vous présenter mon dernier né :

QI 147 OU LES TRIBULATIONS D’UN GÉNIE ATTARDE (chez FNAC, AMAZON, CHAPITRE.COM…..)

Bien loin des contes féériques de votre enfance, à des années lumières de la romance classique et de la romance tout court. Il relate les amours compliquées entre une autiste Asperger et quelques, plusieurs, grand nombre de jeunes femmes plus différentes les unes que les autres. Une sorte, pour moi, d’expérience scientifique impliquant, comme il se doit, une  grande quantité de cobayes, pour la bonne appréciation des résultats.

Considérant ma dernière phrase, il est indéniable de constater l’importance du sentiment amoureux qui m’habite. Je tiens à préciser que tout ceci ne concerne que ma personne. La responsabilité de mes homologues n’est aucunement engagée.

Comment décoder les désidératas de l’autre? comment déchiffrer le comportement humain lorsqu’on ne se soucie que de la logique pure?

Eh bien je ne le sais toujours pas. 34 ans « d’études » sur le sujet et je suis toujours aussi hermétique aux codes sociaux. Peut-être n’y a t il rien à comprendre au final.

Quoi qu’il en soit, la lecture de mes aventures vous fera rire (je l’espère) sinon enrager, au grand risque de me faire passer pour une demeurée. Tant pis, j’ai l’habitude.

Je souhaitais juste décrire la vie d’un individu différent dans son raisonnement. D’entre ouvrir la porte d’un monde bulle peuplé de questions existentielles et sans réponses devant les actes mathématiquement incorrects des personnes neurotypiques (normales).

Je souhaitais, par l’humour, faire accepter ces êtres dont je fais partie. Pour ne plus être considérés comme des ordinateurs froids et dépourvus d’intelligence sentimentale. Nous aimons. différemment, mais nous sommes aussi sincères que les enfants quand ils vous disent JE T’AIME.

Mon voeu le plus cher et celui de vous faire dire simplement que, tout bien considéré, être différent….c’est normal!

(mon premier livre « Cancer ascendant Chimio » est toujours en vente….chez les mêmes fournisseurs).

Merci à vous tous.

 

 

L’amour avec un grand A…comme Asperger

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S’il existe un pays lointain, une nébuleuse inaccessible ou encore des abysses inexplorés, ben l’amour, pour un aspie, en est le point le plus éloigné.

C’est dire si ce phénomène on ne peut plus humain est LA grande inconnue dans la vie d’un autiste Asperger.

Nous connaissons, disons-le, quelques difficultés lorsqu’il s’agit d’aller vers l’autre. Et quand on y va….c’est par des chemins broussailleux et totalement incompris des autres.

Ce n’est nullement parce-que nous ne ressentons rien, non. Je le répète, nous ne sommes pas des sociopathes.

Nous aimons, nous aussi. Ce sont les codes qui nous échappent. Comment agir devant une personne qui soulève notre cœur (je ne parle pas de vomissements, mais de sentiments) ?

Comment agir quand on ne saisit ni les regards qui soi-disant en disent long (pour nous, ce sont les cordes vocales qui parlent, pas les yeux), ni la signification cachée de la gestuelle séductrice. Faites avec ça et revenez me voir!

Ce sont ces tribulations que je raconte dans mon prochain livre. Pour des raisons contractuelles, je ne peux en raconter ici. 300 pages de galères et de péripéties d’une drôlerie déconcertante.

Je peux toutefois généraliser sans détailler.

Ce qui m’a valu une mauvaise réputation, c’est peut-être ma façon de rompre. Je peux le faire à la vitesse d’un chat effrayé.

Je m’explique.

Sentiments à part, si je décèle une « anomalie » ou si ma partenaire dévie des critères précédemment établis, c’est terminé.

Je n’ai pas de l’énergie à perdre à comprendre le pourquoi et le comment des agissements de cette dernière.

Lorsque c’est ma partenaire qui cesse notre relation, je lui dis ok, comme tu veux.

Et alors là ce sont des pleurs et des reproches « c’est tout ce que ça te fait? c’est tout l’amour que tu as pour moi? » etc, etc…

Pourquoi perdre son énergie à argumenter?  pourquoi tenter de retenir quelqu’un qui veut partir? chacun est libre non? Je ne comprends pas ces réactions. Si c’est pour dire une chose pareille, ben, tu restes avec moi! y’a rien à piger!

Les soi-disant « jeux amoureux »… je t’aime donc je te fais du mal, je te fais croire que…alors que je veux que tu comprennes le contraire….autant apprendre le chinois en sténo, ce serait plus simple pour moi.

Il faut comprendre que nous cloisonnons notre cerveau. Il y a une place pour chaque chose.  L’amour a sa propre place, certainement pas assez grande il est vrai, pour les grands romantiques. Personnellement, je le place après l’amitié, bien après. C’est comme ça.

Nous avons également besoin de passer du temps dans notre bulle. Pour ça, nous nous « déconnectons » littéralement du réel, quitte à passer pour des demeurés. C’est comme ça aussi.

Nous ne comprenons que ce qui est concret. Le reste nous perturbe. Les conséquences sont désastreuses car nous réagissons d’une manière radicale.

Je me souviens d’une parole blessante que m’avait dite une amie avec laquelle je venais de rompre. Ce n’était pas le classique « tu finiras seule », non. Là ce fut plus subtil :

« tu devrais sortir avec un ordinateur ».

J’ai répliqué « présente moi une humanoïde et je verrai! » Passons.

J’ai débuté ma quête amoureuse dès l’âge de 14 ans. Oui. Qui dit enfant précoce, dit ado pressé. Ma soif de vivre n’avait d’égale que ma soif d’apprendre…et les affres de la vie amoureuse n’ont pas dérogé à ma règle.

Une véritable horreur pourtant. Ma vie dès lors est devenue, au fil des années,  d’un tel désordre que j’aurais mieux fait d’y rentrer…dans les ordres. Quoique…le lieu est rempli de femmes. C’est sans issue.

Bref. Je me suis aperçu, qu’au bout du compte, je recherchais une chose sans la vouloir vraiment. Quel temps perdu.

Je sais pourtant que certains de mes homologues Aspies sont en couple et heureux. Comme quoi, l’amour est vraiment imprévisible!

 

 

 

 

 

 

Passions d’Aspies

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Les passions? parlons-en!

Loin de moi la prétention de généraliser, ne connaissant pas tous les copains atteints du syndrome,  mais je pense pouvoir parler au nom de (presque) tous les Asperger.

Passion : forte inclination, intérêt très vif (définition du Larousse).

Le mot vif, synonyme de rapide (entre autres), prend toute sa signification chez nous.

Nous aimons. Nous sommes des passionnés dans tout ce qui suscite notre intérêt….pour un temps. hélas, en ce qui me concerne, les passions amoureuses connaissent la même rapidité, exponentielle pour certaines. C’est là l’embêtant.

Lorsque je pose mon dévolu sur une discipline, ou une relation affective, je m’y adonne jusqu’à ce que j’en ai fait le tour. Après, je m’ennuie!  En gros, c’est ça.

Je sais, je sais. Ce n’est pas ce qu’il y a de mieux pour les relations, « ça ne se fait pas ». Mais doit-on rester avec quelqu’un si l’on est plus vraiment en phase avec? c’est un autre sujet que je n’aborderai certainement pas, n’ayant pas de références temporelles qui pourraient affirmer ou infirmer ma thèse lol. L’être humain représente pour moi une incommensurable nébuleuse constituée de tout et son contraire.

Non. Je souhaitais juste évoquer ici les passions en « ie » !

Depuis l’âge de 6 ans, j’ai accumulé les passions en « ie ».

Nous avons eu  la biologie, la zoologie, l’astronomie, la psychologie, la psychiatrie (la psyché des sociopathes me fascine).

La physique, exception à la terminaison ‘ie’, a connu également un vif intérêt auprès de ma soif d’apprendre. La physique quantique est fascinante, c’est la conversion mathématique du spirit. L’esprit et la matière…..passionnant!

Mais la seule constante de ma vie c’est la photographie.

Oui. C’est à 16 ans, devant un paysage à rendre aveugle, que le dieu photon s’est penché sur moi. J’ai vu la lumière!! Depuis, je n’ai cesse de jouer avec elle.

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L’Art. Ce phénomène défini par l’émotion de chacun. C’est un ressenti.

Il n’y a pas longtemps que je fais des expositions, mais j’ai pu constater, en restant assise, la diversité de ces ressentis. La personnalité des visiteurs transpirait à travers leurs commentaires. C’était génial à constater.

L’Art déclenche les émotions quelles qu’elles soient. Elle est peut-être la ma recherche. Un stimulant pouvant déclencher me déclencher des émotions.

La beauté, le plaisir des yeux en déclenche une, la musique en déclenche d’autres.

Je ne comprends pas très bien les peintures si elles ne sont pas figuratives. Je veux dire, si ce sont des couleurs, des formes dénuées de sens concret, je ne ressens pas grand chose.

Idem pour la musique d’ailleurs. Si je ne trouve pas la « logique » et l’harmonie, elle m’est insupportable.

Je sais que certains de mes lecteurs sont Aspies comme moi….je pense qu’il ne diront pas le contraire.

Cependant, les jours de coma intellectuel, je me demande si toutes ces connaissances servent à quelque chose. Et quand j’observe mes animaux dans leur vie et leurs jeux quotidiens, je n’ai plus vraiment de doutes.

Voilà en ce qui concerne mes passions. Mais j’allais oublier!! l’ECRITURE!! man dieu!  Elle ne me le pardonnerait pas si je ne la citais pas.

Elle est pour moi le moyen de m’exprimer bien mieux que la manière verbale qui est un véritable désastre. L’écriture est le prolongement de ma pensée, mon clavier en est la plume. J’aime faire vivre les mots comme jouer avec la lumière.

La photographie, c’est littéralement l’écriture de la lumière.

L’écriture est pour moi l’expression de ma vision des choses……

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Quotient Intellectuel VS Quotient Emotionnel

J’ai souhaité écrire ce blog dans le but d’informer les familles d’Autistes Asperger sur le cheminement de pensée de leur progéniture.

Le fait est avéré, nous sommes différents. Notre compréhension de la vie est différente, nos réactions en sont donc tout autant.

Nous ne comprenons que la logique. C’est dire à quel point nos yeux peuvent s’écarquiller devant nombre d’agissements humains. Cette incompréhension se traduit par une réaction souvent perçue comme débile, inappropriée dans tous les cas.

un exemple :

Pas plus tard qu’hier, une amie ayant rompu avec son compagnon : « je ne veux plus le voir, il me dégoûte etc etc… » puis, vérifiant son téléphone : « il m’a pas appelée, qu’il aille se faire f… ».

ma réaction : y’a rien à piger ! j’arriverai jamais à comprendre que l’on dise tout et son contraire en une seule phrase!

le rire à clôturé la conversation.

Autre exemple, routier celui-là :

Comment peut-on dépasser un véhicule, rouler comme un idiot pour….piler au feu rouge?

ou encore : rater une voie sur un rond-point et…..faire marche arrière ??? rond-point abruti, c’est rond!!

non, vraiment, je ne comprends pas.

Un blog entier ne suffirait pas à dresser la liste, dans tous les domaines.

Alors, devant l’adversité et la majorité, il faut s’adapter. Ce que nous faisons au quotidien. Nous imitons ceux qui détiennent les clés de la « normalité ».

Nous nous cachons en fait. C’est la raison pour laquelle 83% de nos congénères passent inaperçus. Il faut apprendre l’ironie, le mensonge et dire le contraire de ce que l’on pense. En gros c’est ça? du moins le plus souvent possible, quand on peut. Ce sont des actes difficiles et épuisants pour nous. Mais nous sommes de grands enfants avides de connaissances, donc, nous apprenons lol.

 

Logique et sentiments, les opposés ne s’attirent pas forcément.

La plupart des Aspies, mais ce n’est pas systématique, sont HP (non, pas Hôpital Psychiatrique mais Haut Potentiel). Nous passons des tests de Quotient Intellectuel pour savoir si c’est le cas. Ce que j’ai fait durant près de trois jours il y a bien des années.

Je dois dire que je me suis beaucoup amusée….jusqu’aux résultats. Parmi ces tests se trouvaient le Quotient Emotionnel.

Mes résultats : QI 147, QE….80.  Soit, l’intellect d’un génie et l’émotion d’un singe.

A l’époque j’ai fait ça pour savoir à quoi j’étais bonne. En fait, à rien. Dixit le psychiatre qui m’a ‘renseignée’. « vous avez une intelligence supérieure mais vous ne savez pas vous en servir, vous n’avez aucune volonté ». Merci d’être venue, faites avec ça!

Je n’ai appris mon Asperger que bien plus tard.

L’intelligence, cette inconnue…

Les tests du QI sont basés sur  l’expression française, le vocabulaire, la grammaire, l’histoire, les volumes dans l’espace et bien évidement, pour la plus grande partie, les suites logiques. Un vrai régal !!

C’est tout. J’insiste sur ce terme minimaliste. L’intelligence, c’est pas ça! du moins, c’est bien plus large que ça.

Il est aisé de deviner des suites logiques, c’est un jeu amusant, une gymnastique cérébrale (moi qui n’aime pas le sport…) ou d’engranger des connaissances. Ca l’est moins de s’adapter au quotidien. J’entends pas là bricoler, réparer, cuisiner. En résumé, se servir d’un objet pour en créer un autre. C’est l’intelligence pratique. Si l’on devait inclure cette option dans le calcul de QI, je vous certifie que le mien prendrait mal!

Le QI, ça ne veut rien dire! seules les réactions à une action donnée sont une preuve d’intelligence. Ca s’arrête là.

Bref. Certaines personnes qui se disent « bêtes » n’ont certainement aucune raison de l’affirmer.  J’ai connu une jeune femme qui ne savait ni lire ni écrire. Ses pensées et réflexions pourtant auraient fait pâlir les philosophes grecs.

Le Quotient Emotionnel, ou QE.

Ce sont des questionnaires basés sur les critères des agissements dits ‘normaux’ de la vie quotidienne. Ce sont des questions à choix multiples, complétées par une dissertation libre, sur plusieurs domaines.

Exemples :

a) Comment réagissez-vous face à une personne en difficulté dans la rue?

b)  Quelle serait votre réaction si votre conjoint(e) rompait avec vous?

c) Vous êtes commençant. Un client vous demande une ristourne, que lui dites-vous?

d) Comment réagissez-vous face à l’agression verbale?

Mes résultats étant ceux d’un singe, je vous laisse imaginer mes réponses.

Bien des années plus tard, j’ai passé les tests pour le diagnostic du Syndrome d’Asperger. Pouvoir mettre un nom sur mes agissements fut un soulagement. Je n’ai aucune excuse mais j’ai enfin pu m’expliquer.

Ces tests là sont autrement plus lourds qu’un « simple » test de QI. Le côté psychologique prédomine, on le devine.

Un listing de plus de 250 affirmations auxquelles il faut signifier très vite si l’on est un peu d’accord, d’accord, pas du tout d’accord.

On pourrait croire que ces affirmations sont lancées au hasard. Il en est tout autre. Elles sont classées par « mode de fonctionnement ». Ils appellent ça les ‘compulsions’ lol

Vos choix déterminent vos capacités à gérer l’attention, les relations avec autrui et surtout avec les animaux (??), les intérêts, la communication, les problèmes psychomoteurs, l’empathie etc…

Vous passez ensuite devant la haute autorité psychiatrique et assimilés. Là on vous questionne encore (en rapport avec vos réponses). A croire que ces gens ne respirent pas tant ils vous bombardent de leur curiosité.

Une qui m’a particulièrement choquée : avez-vous torturé des animaux étant jeune?

j’ai répondu : pourquoi faire?

Des questions de ce type sont récurrentes, posées différemment pour voir si on triche lol. Bande de malins!

J’ai trouvé ces tests amusants. Perso, je me suis éclatée.

Je suis revenue chez moi, en larmes, avec mes tests en mains et une étiquette médicale : Syndrome d’Asperger modéré. Je n’ai retenu que « modéré » pour faire passer la pilule.

Mes sentiments eux aussi sont modérés. Ce qui explique mes agissement envers mes compagnes, sans toutefois les excuser. J’aime à ma façon, avec la fraicheur et la légèreté d’un enfant totalement dépassé par les évènements.

Je peux être d’une indifférence déconcertante quand il s’agit de personnes qui me sont  inconnues Une personne âgée meurt? ben c’est dans l’ordre des choses….

Tu me quittes? au revoir. Inutile de retenir quelqu’un qui veut partir. C’est illogique.

Un jour, une amie m’a dit : tu devrais te marier avec un ordinateur.

Pas faux! Une humanoïde ne chercherait pas à me changer….et puis…on peut la débrancher de temps en temps! loll désolée c’était trop facile.

 

Voilà donc ma seule intelligence. Celle de me protéger par la logique pure et froide. Je ne souffre pas, si ce n’est que, quelquefois, j’aimerais ressentir la passion autre que la photographie ou l’écriture. Vivre une passion amoureuse et l’amour qui s’en suit, juste pour voir….comme une expérience scientifique !

J’en suis bien incapable, mes passions sont nombreuses et aussi éphémères qu’un papillon du même nom. Bah. c’est pas grave. J’aime mes proches, je suis entourée de mamans et de papas, de frères et de soeurs de coeur…et ça…c’est inestimable!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

HEIN ?

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Le syndrome mis au jour par ce brave Hans Asperger est une anomalie d’ordre neurologique. Nous avons tous, mes congénères et moi, quelques difficultés cognitives, à des niveaux différents.

Exemples :

- Je reconnais difficilement les nouveaux visages. Ce qui génère parfois des situations insolites (un bonjour à quelqu’un qui n’est pas la bonne personne, une discussion avec une femme durant une heure sans savoir qui elle était).

- La maladresse physique est omniprésente au quotidien. Je complète mon stock de verres si souvent qu’ils n’ont pas le temps de s’oxyder.

- Ma démarche est parfois singulière, ce grâce à une mauvaise synchronisation de mes membres.

 

Mais le plus handicapant pour moi est sans conteste l’incompréhension des codes sociaux et de ces sacrées expressions françaises.

Je ne vis que dans la logique absolue. Disons que je pense comme un enfant. Une chose est une chose.

Imaginez  les connections de mon pauvre cerveau lorsque mes oreilles ont capté l’expression « je vais lui en toucher un mot ».

De même quand on m’a dit :  « elle a pris la mouche »…je pensais que la personne avait une mouche dans la main.

Et que dire de « il s’est tiré une balle dans le pied » ! j’étais effrayée de savoir le jeune homme blessé et surtout…propriétaire d’une arme à feu.

Quant à « ça casse pas trois pattes à un canard »…non…je ne comprends toujours pas. Pas plus d’ailleurs que le très connu « gentil n’a qu’un œil »….quel est le rapport entre la gentillesse et cet handicap physique ? si j’osais, je dirais que je ne vois pas. Ben j’ai osé.

Tout ça peut faire sourire, mais croyez-moi, c’est loin d’être agréable de ne rien capter de ce qu’on vous raconte…qui plus est dans votre langue maternelle !

J’ai donc un calepin dans lequel je répertorie chaque nouvelle expression que j’entends, avec sa signification quand j’ai le courage de la demander.

Qu’en est-il des fameux codes sociaux ?

La belle affaire !  D’aucuns diraient que je ne sais pas vivre. Mes parents m’ont appris la politesse oui. Cependant, je ne sais jamais où la placer.

Je m’explique.

Je ne sais jamais ou très rarement quand je dois faire la bise ou serrer la main.

Si ça s’arrêtait là, je n’en parlerais même po ! mais que nenni !

Je ne comprends rien aux « ponts » relationnels. Quand doit-on appeler après une première rencontre et qui doit le faire ?

Et dans une relation (dite) amoureuse, doit-on OBLIGATOIREMENT se voir souvent ? j’ai un grand besoin d’être dans ma bulle, seule.

La solitude et le repli sont synonymes de tranquillité pour moi.

Je ne supporte que difficilement la foule. Dans les réceptions, je ne sais jamais quand partir, si je dois dire au revoir à tout le monde, ou filer comme un pet, etc etc…

Je passe ainsi pour une mal élevée ou une petite conne.

Alors j’imite, je fais comme les autres que j’observe. Rien n’est inné chez moi, tout est acquis.

L’adaptabilité, le mimétisme et le déni de toute logique. Tels sont les secrets d’un Aspie pour paraître un tantinet acceptable aux yeux du commun des mortels. En gros, paraître ‘normal’. C’est EPUISANT !

Une enfance dorée?

Un enfant, c’est chiant. Un enfant précoce, c’est saoulant. Mais un enfant Asperger à HP (haut potentiel), partagé entre les crises de violence, les dysfonctionnements moteur (maladresse physique) et les questions incessantes, c’est la recette du bonheur pour les parents.

Les miens ont fait preuve d’un amour inconditionnel, poussé à l’extrême. J’entends par là, en exagérant à peine, qu’ils accédaient à mes demandes avant même que je n’ai eu le temps de terminer ma phrase.

Oui. En qualité de dernier enfant de la fratrie, une fille après trois garçons, j’ai pu bénéficier de certains avantages….c’est, comme qui dirait, un euphémisme.

On pourrait penser que ma vie était d’un rose bonbon. Cependant, malgré une attention de chaque moment, malgré un entourage aimant, j’étais une enfant seule. Ma tête était remplie d’imagination, de mondes merveilleux et de vies intérieures que j’étais incapable de partager, ne pouvant m’exprimer qu’à l’aide de cris et autres crises de nerfs comme ils disent…

Je n’ai parlé qu’à l’âge de 4 ans. Avant, « j’avais rien à dire ». Mais dès lors que j’ai ouvert la bouche, je n’ai pu la refermer.

Ainsi fut le début d’une multitude incommensurable de questions. Mes parents ont rapidement été dépassés. J’ai donc commencé à chercher

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des réponses dans les livres que je ‘demandais’ en remplacement des poupées auxquelles je ne voyais aucune utilité.

Quel bonheur de savoir déchiffrer les écritures, quelle joie de lire et d’accumuler les connaissances, mois après mois, années après années. Mon cerveau n’était que réservoir sans fond.

A 11 ans, j’ai souhaité connaitre ce type dont on parlait sans l’avoir jamais vu, cette entité fascinante et impalpable qu’on appelait Dieu.

Ma mère était catholique, mon père athée. J’avais le choix des camps.

Notre appartement surplombait une église. Les gens qui s’y introduisaient m’intriguaient. Endimanchés, une fois par semaine…il n’en fallait pas plus pour aiguiser ma soif de connaissance.

Je courus donc vers ma mère pour lui dire « je veux aller à l’église ».

Elle n’était pas peu fière! mon père, quant à lui, levait les yeux en direction du ciel comme pour parler à quelqu’un en qui il ne croyait pas et crier  :

« il nous manquait que ça!…mais qu’est-ce qu’on t’a fait?

Et se tournant vers son épouse adorée :

Elle est trop âgée voyons! elle va les rendre fadas avec ses questions. Et pour finir, elle va s’emmerder et les traiter tous d’idiots!

Ma maman ne l’entendit pas de la sorte et avant que je ne file sous un lit ou dans un placard (oui, j’y passais le plus clair de mon temps), m’entreprit gentiment.

Tu dois d’abord aller au catéchisme pour apprendre l’histoire du Christ.

Le mot ‘apprendre’ avait un pouvoir surnaturel chez moi….mes oreilles se dressaient comme pour capter la moindre information.

« il y aura des maths? demandai-je, naïve.

Non chérie.

Mon père : tu compteras les curés…

Je n’avais pas compris que c’était de l’humour, je courus sous mon lit pour pleurer.

Voulez-vous savoir comment rendre folle une dame qui vous donne des cours de catéchèse? lisez mon prochain post ahah!!

 

 

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