TOMBEUSE DE NAISSANCE

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Tous les Aspergers n’ont pas la chance d’avoir comme adjuvant, cette bonne farce offerte par mère nature, j’ai nommé :  la dyspraxie.

Cette plaisanterie se traduit, en gros, par une maladresse démesurée due à une mauvaise synchronisation des quatre membres.

Ça donne des jambes qui s’entremêlent lorsque vous marchez ou s’arrêtent tout simplement tel un âne qui refuse de continuer, malgré la carotte qui le fait avancer.

Et quand le club des quatre complote contre vous, ça donne des chutes, des objets qui vous quittent prématurément et beaucoup de verres brisés.

Je suis donc devenue, au fil des ans, une experte en tous types de sols y compris bien évidemment, l’asphalte, mon préféré.

Hé oui, y’en a qui arpentent les trottoirs, moi je les embrasse comme un  heureux qui retrouve sa terre natale.

Il y a des séries. J’ai pour exemple mon exploit de ce jour, qui pourrait se raconter comme un commentaire sportif :

« Mesdames et messieurs, nous voici donc dans le national kitchen où se déroule la finalité du petit déjeuner. M. Nadal contre les éléments de cuisine.

Grande concentration de notre athlète qui passe la porte, oui, quelle aisance !

Dépôt du plateau, bien !

Rangement dans le frigo des aliments périssables. La tension est extrême. M. prend le verre d’orange et ..oh !! quel beau vol !! le verre manque de peu l’évier et exécute un maaagnifiquue double axel ! bravo !! on peut dire que M maitrise bien la chute verrière.

Le jus d’orange se déverse telle une toile d’artiste. Quel talent !

L’épreuve n’est pas terminée et il faut procéder à la remise à zéro de la scène, à savoir, nettoyer les dégâts, pardon, reconsidérer l’œuvre.

L’équipe de nettoyage (sceau et franges) attend dans un coin son entrée sur la piste.

M. vient les accueillir. Encore rougie par l’émotion de son exploit, elle s’empare très vite du sceau rempli d’eau javellisée et avec l’aisance et l’élégance du héron qui a trouvé de quoi manger, trébuche à l’aide d’une tong indisciplinée.

Le sceau est bousculé puis renversé. Joli!  Le balai passe entre les jambes de notre championne, il virevolte et tape en touche contre les tribunes (la gazinière). M manque de peu de se fracasser contre le fameux évier (ou de prendre son envol par la fenêtre) mais ce n’est que partie remise mesdames et messieurs, elle n’a pas dit son dernier mot. C’est une artiste, une pro, que dis-je une magicienne !

Je rends l’antenne et vous donne rendez-vous pour une nouvelle compétition ! ».

Ma vie est un puits sans fond de maladresses physiques ou verbales. Je ne peux comptabiliser le nombre de mes chutes. Le panel est large. Il va du classique escalier à la course qui se termine à l’infirmerie. Je suis même tombée en sortant d’un véhicule! j’ai comme glissé en ouvrant la portière. La conductrice me cherchait, j’étais au sol, tentant de me relever.

Si cela me met souvent hors de moi, je dois tout de même avouer que ça me fait rire…parfois.

Et comme le disait si bien Joseph Follet :

« Bienheureux celui qui a appris à rire de lui-même car il n’a pas fini de s’amuser ! ».

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