L’amour avec un grand A…comme Asperger

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S’il existe un pays lointain, une nébuleuse inaccessible ou encore des abysses inexplorés, ben l’amour, pour un aspie, en est le point le plus éloigné.

C’est dire si ce phénomène on ne peut plus humain est LA grande inconnue dans la vie d’un autiste Asperger.

Nous connaissons, disons-le, quelques difficultés lorsqu’il s’agit d’aller vers l’autre. Et quand on y va….c’est par des chemins broussailleux et totalement incompris des autres.

Ce n’est nullement parce-que nous ne ressentons rien, non. Je le répète, nous ne sommes pas des sociopathes.

Nous aimons, nous aussi. Ce sont les codes qui nous échappent. Comment agir devant une personne qui soulève notre cœur (je ne parle pas de vomissements, mais de sentiments) ?

Comment agir quand on ne saisit ni les regards qui soi-disant en disent long (pour nous, ce sont les cordes vocales qui parlent, pas les yeux), ni la signification cachée de la gestuelle séductrice. Faites avec ça et revenez me voir!

Ce sont ces tribulations que je raconte dans mon prochain livre. Pour des raisons contractuelles, je ne peux en raconter ici. 300 pages de galères et de péripéties d’une drôlerie déconcertante.

Je peux toutefois généraliser sans détailler.

Ce qui m’a valu une mauvaise réputation, c’est peut-être ma façon de rompre. Je peux le faire à la vitesse d’un chat effrayé.

Je m’explique.

Sentiments à part, si je décèle une « anomalie » ou si ma partenaire dévie des critères précédemment établis, c’est terminé.

Je n’ai pas de l’énergie à perdre à comprendre le pourquoi et le comment des agissements de cette dernière.

Lorsque c’est ma partenaire qui cesse notre relation, je lui dis ok, comme tu veux.

Et alors là ce sont des pleurs et des reproches « c’est tout ce que ça te fait? c’est tout l’amour que tu as pour moi? » etc, etc…

Pourquoi perdre son énergie à argumenter?  pourquoi tenter de retenir quelqu’un qui veut partir? chacun est libre non? Je ne comprends pas ces réactions. Si c’est pour dire une chose pareille, ben, tu restes avec moi! y’a rien à piger!

Les soi-disant « jeux amoureux »… je t’aime donc je te fais du mal, je te fais croire que…alors que je veux que tu comprennes le contraire….autant apprendre le chinois en sténo, ce serait plus simple pour moi.

Il faut comprendre que nous cloisonnons notre cerveau. Il y a une place pour chaque chose.  L’amour a sa propre place, certainement pas assez grande il est vrai, pour les grands romantiques. Personnellement, je le place après l’amitié, bien après. C’est comme ça.

Nous avons également besoin de passer du temps dans notre bulle. Pour ça, nous nous « déconnectons » littéralement du réel, quitte à passer pour des demeurés. C’est comme ça aussi.

Nous ne comprenons que ce qui est concret. Le reste nous perturbe. Les conséquences sont désastreuses car nous réagissons d’une manière radicale.

Je me souviens d’une parole blessante que m’avait dite une amie avec laquelle je venais de rompre. Ce n’était pas le classique « tu finiras seule », non. Là ce fut plus subtil :

« tu devrais sortir avec un ordinateur ».

J’ai répliqué « présente moi une humanoïde et je verrai! » Passons.

J’ai débuté ma quête amoureuse dès l’âge de 14 ans. Oui. Qui dit enfant précoce, dit ado pressé. Ma soif de vivre n’avait d’égale que ma soif d’apprendre…et les affres de la vie amoureuse n’ont pas dérogé à ma règle.

Une véritable horreur pourtant. Ma vie dès lors est devenue, au fil des années,  d’un tel désordre que j’aurais mieux fait d’y rentrer…dans les ordres. Quoique…le lieu est rempli de femmes. C’est sans issue.

Bref. Je me suis aperçu, qu’au bout du compte, je recherchais une chose sans la vouloir vraiment. Quel temps perdu.

Je sais pourtant que certains de mes homologues Aspies sont en couple et heureux. Comme quoi, l’amour est vraiment imprévisible!

 

 

 

 

 

 

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