Aimant à blablas

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Je sais pas vous, mais en ce qui me concerne, je suis un vrai aimant à confidences.

Je m’explique.

Dans les lieux publics, je ne demande rien à personne. Je ne parle jamais à personne. Je fais ce que je dois faire, point barre. Inutile de raconter sa vie à des inconnus qui n’en ont rien à faire. Je n’ai rien à faire de la leur non plus et c’est tout à fait logique.

Cependant, je ne peux m’expliquer les raisons pour lesquelles, dès que je suis dans une file d’attente, ou que j’attends un bus, c’est presque systématique, une personne ne peut s’empêcher de me raconter sa vie. Ça me gène et ça me saoule. Nous parlons bien d’inconnus, soyons clairs. Entre amis, je parle, disons, un peu plus. Oui. On peut me comparer à une usine à phrases. Il faut m’enlever les piles pour me faire taire.

Bref. Il n’y a pas si longtemps, j’attendais mon tour à une caisse de mon hypermarché. J’avais déposé mes courses sur le tapis. Une tablette de chocolat en faisait partie. Je ne pensais qu’à la croquer quand la femme qui me suivait commença sa bande sonore d’attente :

- vous aimez le chocolat?

Au premier abord, c’est ma tête, sinon effrayée, du moins surprise, qui parle pour moi. Puis…moi. Je pourrais aisément exercer mon ironie en sortant une conn..bêtise telle que :

« non je m’en badigeonne les fesses pour éviter les rides »

Ce serait méchant et je n’ai pas une once de méchanceté sur moi.

Je n’ai ajouté que :

- oui.

C’était bref et concis. Droit au but!  J’ai quand même illustré mon verbe d’un sourire niais.

Mais la bougresse ne lâcha pas le morceau (le morceau de quoi? j’en sais rien).

- vous êtes gourmande hein?

- vous pouvez pas imaginer! (je ne pensais pas forcément à la nourriture).

C’est à ce moment là qu’elle m’a initiée à la confection d’un fondant au chocolat à faire pâlir un charbonnier. J’ai avalé toutes ses explications mais je serais bien incapable de les concrétiser! Le délice s’est fondu dans ma nébuleuse cérébrale. Adieu bonheur éphémère. Ne me restait plus que ma tablette posée comme une œuvre à commencer. Mazette! j’ai le chocolat poétique ce soir.

Mon tour arriva avant que j’atteigne 3.76g de glycémie virtuelle. Je payai et entendis la dame chuchoter : « au plaisir de vous revoir ».

Je lui balançai un maladroit  « moi aussi’ avant de faire tomber mon portefeuille. Preuve incontestable et incontestée de ma timidité Aspergienne. J’ai encore du passer pour la demeurée de l’hyper, mais passons. Le sourire qu’elle m’a lancé a du mettre du rouge sur mon visage blanc. Ciel! le drapeau basque!  oui, je deviens assez vite un feu stop quand le trouble me rend visite.

C’est souvent le cas, ne pouvant contrôler mes nerfs si fragiles.

L’autre jour, cela se passait sur un banc. Un homme s’est assis à mes côtés. Il parlait français mais j’avoue que je n’ai rien compris de ce qu’il me disait. Son discours était si démembré, il passait de son fils à sa belle-mère, sans transition et avec l’aisance d’une danseuse classique. J’ai perdu pied si j’ose dire. J’ai prétexté un rendez-vous et me suis sauvée.

Sachant que ces petites anecdotes se produisent quand j’attends, la solution évidente serait de ne jamais m’arrêter de marcher. Pas très pratique dans une file. Tourner autour d’un bus stop à la rigueur, au risque de partir en orbite.

Tout bien considéré, tout ça n’est pas grave et ça m’aide à me sociabiliser. C’est fatigant mais parfois utile.

Une dernière chose. Si vous craignez la solitude et si vous souhaitez taper la convers,  allez donc faire la queue!

 

 

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