Régime sans cuisine

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Sans vraiment exagérer, je dirais que la cuisine est aussi loin de moi que le tam tam l’est du dernier smartphone.

Vous l’aurez compris, je déteste cuisiner. Si je veux faire rire mon entourage, je n’ai que cette phrase à prononcer : ce soir, je cuisine! et là c’est sauve qui peut, les casseroles et les sauteuses d’abord!

La cuisine c’est de la chimie. Oui. Il s’agit de rassembler quelques éléments pour modifier leur structure moléculaire en les cuisant. C’est donc de la chimie.

J’aime la chimie, j’en ai même consommé pas mal il n’y a pas si longtemps (je parle de thérapie, pas de drogue illicite). Mais cuisiner!

Si mon appartement était un cirque, je pense que la cuisine serait sans aucun doute la cage aux fauves. Je m’imagine très bien entrant dans ‘l’arène’ avec un fouet (à pâtisserie bien sûr lol) où les félins sauvages seraient : le four avec sa grande gueule, le frigo et le placard. Tous prêt à m’engloutir avant que j’ai pu dire miam.

Je ne comprends pas. Non vraiment. Comment, avec les mêmes ingrédients, les mêmes gestes et (peut-être) les même doses, chez les autres c’est délicieux, chez moi, c’est dégueux.

Même mes chats se planquent dès que je prends une poêle.

Un de mes frères s’est proposé de m’offrir une gazinière il y a de cela quelques mois. Je lui ai demandé pourquoi?

Depuis, j’ai ouvert le four trois fois. Trois pizzas dont une brulée et deux crues! Non je ne comprends pas.

Un Asperger peut se donner à 200 % dans ce qui l’intéresse. En revanche, il peut aller dans les méandres de l’indifférence totale si le sujet ne l’atteint pas. Et en ce qui me concerne, l’Art Culinaire n’est pas prêt de me rattraper. 

J’ai une théorie loin de la logique et du plausible, mais c’est quand même assez troublant. C’est ça qui doit définir le mauvais karma.

Je pense que les choses s’imbriquent et complotent pour me faire rater ce que j’entreprends. Cela ne peut-être autrement!

Exemples :

Lorsque j’étais souffrante (juste un petit crabe non comestible), pas mal de mon entourage passait me voir. Je sortais donc les gâteaux et autres friandises.

Un jour que j’étais en forme, j’ai voulu, j’ai osé faire un clafoutis pour recevoir trois de mes amies (elles se reconnaîtront).

J’ai suivi à la lettre les instructions que m’avait donné internet. Ma préparation sentait bon. Tout était parfait. J’ai pris un prozac tant j’étais choquée. (mais non).

Mes amies arrivent et s’installent, dans la joie et la bonne humeur. Je les informe de ma préparation sous leurs yeux emplis d’admiration (et d’inquiétude).

J’apporte l’oeuvre culinaire…..que je tente, en vain, de démouler. La bête était coriace et mes amies étaient pliées. Je n’avais pas beurré la chose, elle ne voulait pas se détacher de son support.

Je suis donc allée chercher des gâteaux industriels qui squattaient mon placard. J’étais dégoutée, mais amies, elles, étaient attendries devant mon désarrois mais mortes de rires devant la scène.

 

Quand je vous dis que les choses sont contre moi!

Un autre jour, un soir plus précisément, j’avais invité une amie à diner.

Prudence est mon autre nom, j’avais donc commandé deux coqs cuisinés par un traiteur, avec ses pommes sautées. Il suffisait de les réchauffer.

La table était mise, le chandelier aussi, une rose sur chaque assiette, bref, tout était parfait et somptueux.

Le diner s’annonçait sous de bons augures.

Ma vie étant ce qu’elle est, rien ne pouvait fonctionner.

Le repas se déroulait bien, la conversation était riche et l’ambiance apaisante, quand, tout à coup, mu par la jalousie ou habité par un esprit farceur, un de mes chats sauta sur la table pour redescendre aussitôt et….vomir son repas devant nos yeux dégoutés.

Afin de récupérer un peu de prestance devant mon amie, j’usai d’humour :

- je sais pas ce qu’elle a, c’est pourtant pas moi qui l’ai fait ce coq!

C’est ma tête plus que ma phrase qui l’a faite pleurer de rire. Moi, j’étais intérieurement honteuse.

Mais la vie, ce soir là, n’en avait pas fini avec ses frasques et donc, la soirée continua….

Le repas terminé, je proposai à mon invitée de prendre le dessert et le café sur le divan. J’y amenai le chandelier muni de ses trois belles bougies enflammées.

Le dessert fut bon. Durant le café (thé pour elle) et alors que je me rapprochais de ma convive, mon autre chat, une norvégienne de 8 kg et au poil voluptueusement long, grimpa sur la table basse et…prit littéralement feu en se frottant contre le chandelier. Je bondis tel un ressort sur pattes en hurlant « la chatte brule!!  La fenêtre était bien évidemment ouverte et quand on sait que j’habite un rez de chaussée. Bref. Je ne m’étonne plus du nouveau regard de mes voisins!

Je suis passée sur la table, renversant bien sûr ce qu’il y avait dessus. La pauvre bête était plus effrayée par mes cris que par la flamme qui attaquait sa queue.

Tout s’est bien terminé. Ma pauvre Pepsi a eu plus peur que de mal, grâce à sa fourrure consistante.

Quant à mon amie….elle a filé lâchement en direction des toilettes tant le rire l’envahissait. Moi, j’étais dépitée.

Bah. On a quand même passé une bonne soirée.

La cuisine, c’est décidément pas ma tasse de thé ahah. L’organisation de mes soirées est super tant que je ne mets rien en oeuvre lol.

Ma vie est d’une stupidité complète. Mon karma est de vivre à la Pierre Richard? tant pis. J’en ai pris pour perpette, jusqu’à mon dernier souffle.

Entre nous et malgré tout, j’espère que ça durera longtemps!

 

 

 

 

 

 

2 Réponses à “Régime sans cuisine”

  1. Muriel dit :

    Moi je repense tout simplement à la purée !!!!!
    Et j’en rigole encore………

Répondre à Muriel

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