Vous avez dit Sport?

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C’est indéniable. Le mot Sport déclenche systématiquement le rire lorsque nous, Aspergers, (Aspies pour les intimes) l’entendons.

C’est ce que j’ai pu constater lors de différentes rencontres initiées par l’association « L’Etoile d’Asperger ». Aussitôt le mot prononcé, aussitôt les rires générés.

Pourquoi? me direz-vous.

Imaginez-vous par exemple, courir, nager, sauter ou tout simplement marcher d’un pas rapide et bien contrôlé. Très simple m’affirmerez-vous. Ben chez nous….non.

le syndrome d’Asperger offre, à son détenteur, cette unique chance et ce formidable don pour…tomber. Oui, nous sommes de grands tombeurs haha.

Asperger est d’ordre neurologique. Notre système nerveux est, en quelque sorte, anarchique (explication donnée par le Professeur Camus de l’hôpital Gui de Chauliac – Montpellier). Les synapses farfelues de notre cerveau occasionnent parfois (souvent) une mauvaise synchronisation psychomotrice, d’où en découle une maladresse quasi permanente.

A présent, imaginez-vous dans notre cas. Courez mes amis, avec les jambes qui se croisent, sautez pour rater le Fosbury ou nagez de travers avec le risque de noyade par manque de synchronisation. Haha! votre note en sport diminue là!

Ce sont, hélas, des épisodes que j’aimerais effacer de ma mémoire. Le sport au collège et lycée fut une grande tâche noire sur le brouillon de mon existence et raconter quelques anecdotes ne peut que vous faire du bien.

La gymnastique au sol

Je pourrais faire une thèse sur l’attraction des corps célestes et plus précisément sur notre bonne vieille planète. Mais Messieurs Newton et Einstein l’ont explorée plus mathématiquement.

Toutefois, il n’y a pas de sciences et de savoir sans expérience. En cela, je suis une grande scientifique. Je peux affirmer sans nul doute que la gravité existe bel et bien, ayant un rapport assez intime et fréquent avec tout type de sol.

Exercer une chorégraphie même des plus simples est plus difficile pour moi que de démontrer E=mc² (j’exagère juste un peu).

Je fus le mouton à cinq pattes de mes profs de gym qui me détestaient.

La poutre

Quel bel instrument. Une barre de 9 cm de large sur laquelle on me demandait de faire une roulade. Je me gausse!!!

- montez là-dessus me disait la gentille dame.

- comment voulez-vous que je fasse une roulade sur ce truc, je ne sais même pas la faire au sol! et puis, je ne tiendrai pas une seconde debout!

- montez quand même.

Je suis montée, comme un singe sur une branche. Mais le singe, lui, c’est son truc. Moi je suis redescendue de l’autre côté, comme si j’avais voulu monter à cheval ou enjamber un obstacle. Non madame, votre poutre, vous pouvez vous la carrer où je pense. J’obtins un zéro.

 

Le cheval d’Arçon (ou assimilé)

Ah!!! voilà une attraction qu’elle est utile et drôle. Il s’agit de courir, prendre appui sur un tremplin et hop! on saute à mouton sur un truc trapézoïdal en bois d’une hauteur approximative d’1.40 m – d’après ma propre taille. Ça c’est en théorie.

Je tentai la théorie. La pratique fut autrement autre lol. Je courus donc avant d’atteindre le tremplin….qui se déroba sous mes pieds (m’étant trop avancée). Il faut préciser que je battais les garçons à la course…(tant la fuite était mon arme de défense). Donc arrivée trop vite sur cet engin qui me laissa à mon sort, je fis une envolée, non pas au-dessus de l’appareil cheval, mais….contre l’appareil.

Nous sommes tombés moi sur lui, non sans exercer une rotation arrière et finir ma course ….. sur le dos après une cabriole non répertoriée dans les annales sportives.

Je vous raconte les rires de mes camarades?? Non hein? NON. J’en ai encore les oreilles abimées.

Je me suis relevée comme si je venais de cueillir une pâquerette, tant habituée que j’étais, sous les engueulades de ma chères c.. de prof.

 

Et le grimper de corde, vous en êtes où? lol

Moi j’en suis toujours en bas. Je ne voyais vraiment pas l’utilité de grimper à une corde et redescendre par le même chemin. Je posai donc la question à mon prof…

- pour quoi faire? y’a rien là-haut et puis je suis acrophobe  (peur du vide)

- qu’est-ce que vous me racontez! c’est quoi acrophobe? je vous dis de grimper.

- j’ai une peur viscérale du vide Monsieur (oui c’était un mec) et je grimperai pas à ce truc, de toute façon je  pourrai pas décoller mon postérieur (j’ai dit autre chose).

- vous aurez un zéro.

….sous les rires de mes camarades.

 

Le 60 m

J’étais pas si mauvaise en athlétisme il faut le dire. Si l’on enlève le saut en hauteur pour lequel je ne savais jamais de quel pied m’élancer. Bref.

Je me souviens d’une belle matinée printanière. Un 60 m à la course. J’aimais ça. Mais ce jour là fut comment dire…grotesque.

J’étais au départ avec mon amie Patou. Le top fut donné pour notre course effrénée. J’étais devant elle, pas très loin devant. Juste assez pour sentir, en pleine course, son visage sur mes talons. Elle venait de tomber. Elle me déséquilibra et je la rejoignis au sol, après avoir glissé sur quelques mètres, le visage sur un amalgame noir et poudreux. La prof courut vers nous, qui nous levions, endolories et quand même blessées, moi au genou et mon amie à la tête. Et toutes deux aussi noires qu’un mineur en fin de journée.

L’infirmière scolaire avait du mal à retenir ses rires. Ce fut malgré tout une bonne journée.

 

Autant vous dire après tout ça que ma moyenne générale connaissait un baisse considérable grâce à ces débilités de sport scolaire. Le positif, mais de loin le moins utile, fut que mes notes en gym étaient inversement proportionnelles à ma popularité auprès de mes camarades!!

Toutefois, cependant et néanmoins, je choisis, de mon propre chef, de m’inscrire au hand ball. Mes pauvres parents ne sachant si rire ou pleurer.

On me demanda, dans un premier temps, d’occuper un poste de défense. Défendre le ballon. Ne pas laisser passer l’équipe adverse et l’empêcher d’aller au but. Ce que je fis, mais pas dans les règles de l’Art.

Je fis l’amalgame du hand ball et du football…américain. Je fonçais littéralement sur la pauvre fille qui avait la malchance d’attraper le ballon. Ben quoi? on m’a dit de défendre, je défends! dis-je à notre entraineur. Je fus révoquée pour violence intempestive.

On me posta donc dans les filets! je passais de défenseur à gardien. Là je me suis éclatée!! non non sans rire. Ma nervosité exacerbée trouva son utilité mazette! ça fusait de tous les côtés et ça m’éclatait. Les pieds, les mains et en fait toute ma personne servait de stop-ballon. Un vrai globule blanc!

Bref, je fis quand même deux belles saisons de ce sport/jeu.

Ce fut le bouclage de ma vie sportive.

 

 

 

 

 

 

 

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