HUMOUR ET IRONIE

1661191_10150499075894946_8584020564594003150_n 

Il y a bien bien longtemps, les dinosaures régnaient sur la terre….

Heu, non. On avance un peu….disons qu’il y a pas mal d’années, je devais avoir 6 ans.

J’étais accrochée à la main de ma maman qui parlait à une amie. Nous étions en route vers le marché du coin. J’aperçus un antivol qui pendait à un balconnet.

Intriguée et ne sachant pas à quoi pouvait bien servir cet objet, j’interrogeais donc ma mère.

Elle me renseigna : « c’est un antivol chérie », sans me préciser qu’il était destiné principalement aux vélos.

Aussitôt dit, je ne ratai pas l’occasion d’en sortir une :

« Ils ont peur qu’on leur vole le balcon ? c’est stupide non ? »

Ma mère éclata d’un rire franc et sonore, passant le flambeau à son amie qui riait de plus belle.

Et là fut la révélation, la lumière qui me fit signe d’entrer dans le monde fascinant de l’humour.

Le rire de ces deux dames fut, pour moi, orgasmique. Ma mère, personne que j’aimais le plus au monde, riait. Ce n’était certes pas la première fois, mais ce moment-là n’a jamais quitté ma mémoire.

Déclencher le rire était jouissif. C’était une façon de rendre heureux les gens que j’aimais et les inconnus attristés.

La majorité de mes congénères Aspies ne saisit ni l’humour ni l’ironie, selon leur « degré d’affection ». J’ai la chance, étant diagnostiquée ‘modérée’, de les comprendre et d’en profiter.

Je pratique essentiellement l’auto-dérision, qui me fait rire en avant-première et ne fait de mal à personne.

Après, c’est naturel, ma maladresse verbale et physique est une arme fatale pour atteindre la cible du comique, mon air idiot servant de munitions !

Ado, j’ai fait un essai (non transformé) au théâtre. Je jouais Monsieur Jourdain dans « Le bourgeois gentilhomme ». Devant un parterre de jeunes adolescents boutonneux, je devais m’asseoir après la réplique de ma partenaire : « allons, Monsieur Jourdain, asseyez-vous ! »

Je trébuchai et m’affalai lamentablement, après avoir exercé un double axel arrière, terminant sur le dos, les membres en l’air comme pour dire « prenez-moi » et finalement, brisant la chaise qui ne s’attendait pas à ça.

Les rires déchainés couvraient les applaudissements. Je me dis qu’il valait mieux rire avec les autres plutôt que d’être gênée. Ce que je fis. Je me relevai en riant et saluant l’assemblée, sous les applaudissements encore plus prononcés. Au final, j’avais gagné. Je ne devais cependant plus réitérer l’expérience.

En fin d’année, je ne sais plus laquelle, je me mis à écrire quelques petits schetches que je « jouais » seule ou avec une amie, devant ma classe. J’adorais ça malgré une timidité maladive et….non maitrisée !

Je n’oublierai jamais les paroles de ma prof de français de l’époque :

« Vous devez écrire, je vous y aiderai, mais écrivez ! »

Je lui souris simplement et par peur ou manque de confiance, je courus à l’autre bout de la classe. Je n’eus pas l’intelligence d’accepter sa proposition, ce cadeau qu’elle m’offrait. J’ai préféré continuer mes pitreries pour le plus grand bonheur de mes camarades….histoire de me faire accepter et de gâcher ma vie, au fond.

L’humour est fascinant. Il est si varié que tout le monde peut postuler….sciemment ou non.

Le comique peut s’appeler ironie, burlesque, de situation ou absurde. Le dernier à ma préférence. Et là, mes amis, dans l’Art de l’absurde, appelez-moi Maître !

Les situations que ma trop récurrente maladresse occasionne, facilitent drôlement (si je puis dire) mes effets comiques. En fait, le résultat donne un amalgame assez complet du panel humoristique.

Ça c’est dans le cas d’une attitude spontanée. Il y a également le verbe.

J’aime accentuer, par leur contraire, les situations (ok, ça c’est l’ironie non ?), mais je classe cette pratique dans l’absurde (chez moi, c’est absurde).

Il existe, je dirais hélas, l’humour méchant. Celui qui consiste à se moquer de l’apparence ou du mental de l’autre. Je ne ferai que le citer, n’étant d’aucun intérêt à mon sens. La méchanceté et la moquerie ne me faisant pas rire, je ne les comprends pas. J’estime qu’il y a assez matière à rire de soi si l’on y regarde de plus près ! se moquer de l’autre est illogique. Mais j’oubliais : je suis autiste ! désolée.

Il est facile de faire pleurer, il en est moins de générer le rire. Mais aussitôt que l’on y parvient, c’est au combien jouissif.

Dessiner un sourire sur le visage d’un enfant éploré ou d’un ancien accablé par le poids de sa vie, c’est, en ce qui me concerne, la plus belle récompense.

 

 

 

 

 

Laisser un commentaire

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus