Une enfance dorée…2ème

 

Donc me voilà dans une optique religieuse, l’esprit ouvert prêt à recevoir l’illumination.

Je ne me souviens pas du nom de notre enseignante, n’ayant laissé qu’une trace insignifiante dans ma mémoire.

En revanche, je me rappelle, comme si je venais de le vivre, le flot de questions que je lui ai « assénées »….presque le même jour.

J’ai reçu, pour mon étude, un joli livre illustré avec toute la famille divine.

Dieu, derrière un nuage, laissait entrevoir un visage barbu.

Jésus, quant à lui, sauvait le monde, perché sur une croix ( ????)

Marie, extraordinaire femme qui avait procréé sans ‘mâle’ ( ????)

Et dans les jardins, fauves et daims se côtoyaient dans le bonheur le plus absolu.

J’avais dévoré le livre en deux heures et enregistré son contenu. Mes questions étaient prêtes à être envoyées à la figure de la gente dame. En fait je n’avais rien compris tant la logique était maîtresse tout au long de l’ouvrage. Moi qui étais portée sur les sciences, j’étais plus perdue qu’un panneau indicateur au milieu du Sahara.

  • Pourquoi dieu est un homme ? et comment il fait pour pas passer à travers le nuage ?
  • Il nous a fait à son image ? mais j’ai pas de barbe moi.
  • Qu’est-ce qu’il a fait Jésus après être ressuscité ? et d’ailleurs comment il a fait ?
  • Et comment il a pu sauver le monde en étant cloué sur du bois ?
  • Et son père, il était pas sympa de le sacrifier….pourquoi ?
  • Et joseph, il était pas un peu cocu ? (oui, à 11 ans, j’ai osé)
  • Etc etc…

 

La pauvre femme n’avait pas assez d’air dans ses poumons pour me répondre. J’ai été éjectée du catéchisme pour cause d’insolence. Bonjour la tolérance catholique !

Inutile de vous parler de la messe, je ne pouvais ni manger le corps du Christ, ni boire son sang c’était dégueulasse !

Ainsi s’achevait mon étude liturgique.

*****

 

J’ai toujours été curieuse de tout, toujours entourée de livres sans jamais pouvoir partager mes « recherches » et trouvailles. J’étais seule. Je ne comprenais personne et personne ne me comprenait (cf. le prochain post, autrement plus humoristique).

J’étais littéralement « chassée » des conversations entre adultes, ayant toujours une oreille tendue vers des sons que je ne devais pas même entendre et encore moins écouter. Alors je courais me réfugier sous le lit ou placard le plus proche.

Bien sûr j’avais des amies de mon âge, deux pour être précise. Mais…nos jeux ne m’intéressaient pas. Quelle était la finalité réelle de jouer à la poupée ? Habiller et déshabiller un morceau de plastique au regard sans vie, ne m’apprenait rien.

Et puis, mes crises de violence après une quelconque frustration n’étaient pas très engageantes, il faut bien le dire.

Ma mère me qualifiait de sauvage sitôt mon repli devant une personne inconnue de mon entourage. Les angoisses étaient fréquentes dans ces cas là. Et la seule manière que j’avais pour qu’elles cessent était de me balancer contre un mur ou tourner en rond dans ma chambre.

Alors, dorée mon enfance? oui. Comme elle peut l’être quand on fait tout à votre place, quand on décide tout pour vous ou que l’on vous offre ce que vous n’avez même pas pensé à demander. Oui, mon enfance fut dorée. Pourtant…. ce mal de vivre qui ne me quittait que rarement, ces peurs inexpliquées, ces désintéressements vis à vis de la gente humaine et ces questions à profusion qui ne trouvaient pas de réponses….

Je n’étais pas sauvage maman, je n’étais pas haineuse, je n’étais pas inhumaine, pas plus que timide maladive, j’étais juste autiste.

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