Une enfance dorée?

Un enfant, c’est chiant. Un enfant précoce, c’est saoulant. Mais un enfant Asperger à HP (haut potentiel), partagé entre les crises de violence, les dysfonctionnements moteur (maladresse physique) et les questions incessantes, c’est la recette du bonheur pour les parents.

Les miens ont fait preuve d’un amour inconditionnel, poussé à l’extrême. J’entends par là, en exagérant à peine, qu’ils accédaient à mes demandes avant même que je n’ai eu le temps de terminer ma phrase.

Oui. En qualité de dernier enfant de la fratrie, une fille après trois garçons, j’ai pu bénéficier de certains avantages….c’est, comme qui dirait, un euphémisme.

On pourrait penser que ma vie était d’un rose bonbon. Cependant, malgré une attention de chaque moment, malgré un entourage aimant, j’étais une enfant seule. Ma tête était remplie d’imagination, de mondes merveilleux et de vies intérieures que j’étais incapable de partager, ne pouvant m’exprimer qu’à l’aide de cris et autres crises de nerfs comme ils disent…

Je n’ai parlé qu’à l’âge de 4 ans. Avant, « j’avais rien à dire ». Mais dès lors que j’ai ouvert la bouche, je n’ai pu la refermer.

Ainsi fut le début d’une multitude incommensurable de questions. Mes parents ont rapidement été dépassés. J’ai donc commencé à chercher

th

des réponses dans les livres que je ‘demandais’ en remplacement des poupées auxquelles je ne voyais aucune utilité.

Quel bonheur de savoir déchiffrer les écritures, quelle joie de lire et d’accumuler les connaissances, mois après mois, années après années. Mon cerveau n’était que réservoir sans fond.

A 11 ans, j’ai souhaité connaitre ce type dont on parlait sans l’avoir jamais vu, cette entité fascinante et impalpable qu’on appelait Dieu.

Ma mère était catholique, mon père athée. J’avais le choix des camps.

Notre appartement surplombait une église. Les gens qui s’y introduisaient m’intriguaient. Endimanchés, une fois par semaine…il n’en fallait pas plus pour aiguiser ma soif de connaissance.

Je courus donc vers ma mère pour lui dire « je veux aller à l’église ».

Elle n’était pas peu fière! mon père, quant à lui, levait les yeux en direction du ciel comme pour parler à quelqu’un en qui il ne croyait pas et crier  :

« il nous manquait que ça!…mais qu’est-ce qu’on t’a fait?

Et se tournant vers son épouse adorée :

Elle est trop âgée voyons! elle va les rendre fadas avec ses questions. Et pour finir, elle va s’emmerder et les traiter tous d’idiots!

Ma maman ne l’entendit pas de la sorte et avant que je ne file sous un lit ou dans un placard (oui, j’y passais le plus clair de mon temps), m’entreprit gentiment.

Tu dois d’abord aller au catéchisme pour apprendre l’histoire du Christ.

Le mot ‘apprendre’ avait un pouvoir surnaturel chez moi….mes oreilles se dressaient comme pour capter la moindre information.

« il y aura des maths? demandai-je, naïve.

Non chérie.

Mon père : tu compteras les curés…

Je n’avais pas compris que c’était de l’humour, je courus sous mon lit pour pleurer.

Voulez-vous savoir comment rendre folle une dame qui vous donne des cours de catéchèse? lisez mon prochain post ahah!!

 

 

Laisser un commentaire

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus